Mois de janvier

L'année 2011 s'est terminée sur un bilan très contrasté. En effet, si les USA s'en tirent sans dommage, il n'en va pas de même pour l'Europe.

Le Dow Jones affiche une hausse de 5.53% pour cette année écoulée, tandis que le Standard & Poors montre une stabilité parfaite. Ceci est dû au fait que le secteur bancaire a un poids plus grand dans le  S&P que dans le Dow Jones.

En Europe c'est la Bérésina. L'Euro-Stoxx 50 a baissé de 17.05%, dans le sillage du DAX (-14.69%) et du CAC 40 (-16.95%). Vous l'aurez deviné, l'année fut un désastre pour les banques en général et pour les grands consortiums banquiers en particulier. L'Europe financière vacille, à cause principalement des règles au sein de l'Euro.

En effet, il n'y a pas de contrôle indépendant des chiffres fournis par les Etats membres de l'Euro. Certains ont donc fournis des chiffres plus que fantaisistes durant plusieurs années. Montrant une croissance et une santé financière qui s'est avérée complètement imaginaire. La Grèce s'est donc effondrée sur elle-même, l'Espagne et l'Irlande se retrouvent dans de grandes difficultés. Ceci, par effet de dominos, menace le Portugal et surtout, plus grave encore, l'Italie, qui s'est, elle-aussi, bercée d'illusions.

Le réveil fut brutal et dur. Une intervention au niveau des instances politiques des deux pays leaders de l'Euro (la France et l'Allemagne) s'avéra nécessaire. Le problème est là !! Pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel la tâche est pour le moins ingrate. Faire comprendre à leurs concitoyens que certains gouvernements de pays de l'Euro se sont révélés très "créatifs" au niveau de leur comptabilité et de leur budget, et que les Français et les Allemands doivent payer pour ces imprudences.

Tâche tellement compliquée que le Français et l'Allemande ont choisi de recourir à des pansements économiques plutôt qu'à des solutions drastiques. Evidemment les deux font face à une année importante d'élection en 2012, ce qui modifie leur perception des choses. Il est évident que si Nicolas Sarkozy vient expliquer aux Français qui 'ils doivent payer pour les Grecs, ses chances de ré-élection sont plutôt minces.

Pourtant à l'heure actuelle et avec les mesures prises pour l'aider, la Grèce se trouve toujours dans un cercle infernal. Les prêts consentis ne lui permettent que de rembourser des échéances d'intérêt, alors que cet argent devrait être utilisé à créer de la richesse, donc de la croissance. Pour cela, une seule solution : "Effacer" la dette des comptes grecs pour la faire réapparaitre dans des comptes qui seraient réglés par tous les membres de l'Euro. La Grèce pourrait ainsi repartir et créer à nouveau de la croissance.

On imagine sans peine ce que ce raisonnement a d'inacceptable pour les peuples qui doivent passer à la caisse, d'autant que l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande (eux-mêmes en grande difficulté) ne peuvent guère participer. L'effort reposerait donc essentiellement (pour ne pas dire exclusivement) sur la France et surtout, l'Allemagne.

La situation européenne ne vas donc pas s'arranger rapidement. Des décisions drastiques devront être prises dans tous les cas, mais on peut tout à fait imaginer que celles-ci soient remises après les élections, soit pas avant le deuxième semestre 2012.

De plus, la situation de certaines grandes banques est également préoccupante. Depuis 2008, on découvre que ces grands consortiums banquiers sont dangereux pour les Etats, car lorsqu'ils vacillent, ils mettent en péril les finances le l'Etat entier. Là aussi des décisions politiques drastiques vont s'avérer indispensables. Elles n'ont pas été prises en 2008, peut-être par manque de courage politique. Si les gouvernants pensaient avoir enterré ce problème des banques, ils se sont lourdement trompés. D'une manière ou d'une autre, il va falloir exiger de certaines grandes banques qu'elles effectuent des spin-off avec certaines de leurs activités et de quelque manière que l'on prenne le problème, il va bien falloir parler de l'augmentation des fonds propres des banques.

En effet, celle-ce ne peut s'envisager que progressivement si l'on ne veut pas déstabiliser l'établissement. Le plus tôt on prendra des mesures dans ce sens, le mieux cela sera. Cette mesure est véritablement la seule qui soit vraiment efficace pour lutter contre une spéculation débridée sans entraver la liberté de fonctionnement d'un Etablissement privé, par des lois ou des règlements compliqués à mettre en oeuvre et de surcroît facilement contournables en raison de la mondialisation et du manque d'harmonisation des règles.

Ainsi qu'on le voit, de quelque côté que l'on se retourne, la solution aux problèmes financiers que l'Europe connaît, est politique. Depuis une trentaine d'années, le pouvoir politique a gentiment perdu de sa capacité à prévoir (gouverner c'est prévoir !!) et à agir en conséquence. Nos gouvernants n'agissent plus.... Ils réagissent et prennent des mesures de pompiers éteignant un feu, lorsqu'une crise survient. On le voit, cela ne marche pas et les Gouvernants des pays membres de l'Euro vont devoir prendre des mesures d'harmonisation de certaines règles et créer des instances supra-nationales de contrôle desdites règles, si l'on entend que l'Euro soit pérenne. Dans la situation actuelle, il est évidemment inenvisageable d'abandonner l'Euro, comme on l'entend ça et là de partis politiques extrêmes.

En ce qui concerne les investissements boursiers et à titre d'exemple illustrant bien la situation en Europe, l'analyse sectorielle du marché français est très intéressante. Le CAC 40 a montré une baisse de 16.95 % en 2011. Le secteur des Biens de consommation a baissé de 6.47 %, l'Agro-alimentaire à monté de 3.10% et la pharma de 17.09%. L'indice du secteur bancaire affiche une baisse de 45.90% !!!!

On le voit dans cette démonstration, le secteur bancaire est le seul véritablement sinistré. Evidemment cette situation crée une baisse du secteur des biens de consommation baisse due à la crise engendrée par la crise de l'Euro et à la contraction de la demande qui en résulte. Mais d'autres secteurs se portent bien et résistent bien à cette situation.

Il serait donc faux de céder à la panique anxiogène qui règne en ce moment en Europe, car une contraction de tous les secteurs économiques entraineraient inévitablement une dépression économique. S'il est évident que le secteur financier est en feu, d'autres secteurs économiques ne le sont pas et investir dans la pharma, ou l'agro-alimentaire ainsi que nous l'avions déjà précédemment écrit, constitue des investissements de fond de portefeuille hautement recommandés par les temps qui cours.